Quand le PC d’IBM est annoncé aux Etats-Unis en 1981, Time Magazine en fait "l’homme de l’année".
C’était lui reconnaître une importance toute particulière.
De fait, le PC va très vite s’imposer au bureau comme à la maison. A tel point qu’il devient le standard de la micro-informatique. Quelque 15 ans plus tard, c’est au tour de l’e-business, puis de l’e-business à la demande, deux concepts inventés par IBM, de conquérir le monde de l’entreprise. Entre-temps, IBM a traversé la crise la plus grave de son histoire. La transformation de la Compagnie, sous l’égide de son Président Lou Gertsner, aura raison des vents contraires.
Le succès phénoménal du PC
Celui qui n'achète pas son PC dès 1983, date de disponibilité en Europe du premier ordinateur personnel IBM, fait figure de " dépassé " !. Les demandes affluent. Une filiale est créée pour sa commercialisation, un réseau de distributeurs agréés mis sur pied et des boutiques sont même ouvertes. Une campagne de publicité très remarquée accompagne le lancement. Charlot, personnage sympathique un peu décalé, est le héros de cette nouvelle aventure. Les années passeront, les modèles évolueront, deviendront portables, et la " micro " finira par rejoindre le téléphone au rang des commodités.
IBM France affiche d'excellents résultats. Deux années de suite, en 1984 et 1985, le magazine L'Expansion classe la Compagnie en tête de son enquête sur l'image des entreprises. Une déception pourtant : du fait des Plans calcul, les ordinateurs IBM sont très peu présents dans les milieux scientifique et universitaire. La mise en place du réseau EARN (European Academic and Research Network) destiné à relier les universités et les centres de recherche européens, change la donne. Plus de 80 d'entre eux seront bientôt reliés à ce réseau.
Les premières difficultés
Le 8 octobre 1986, Pierre Barazer, devenu Président-directeur général d'IBM France, fait état des premières difficultés, à l'occasion de l'annonce du "serveur départemental" IBM 9370. Les objectifs commerciaux ne sont pas atteints. Le plan de charge des usines est en baisse. IBM souffre, mais ses concurrents aussi, de conditions économiques peu favorables. Priorité est toutefois donnée au plein emploi et à la compétitivité. Ce sera le " redéploiement " : 1 200 employés quitteront leurs postes dans les services indirects pour rejoindre les services commerciaux. Le siège d'IBM France sera, lui, transféré dans le quartier d'affaires de La Défense.
Malgré tout, les annonces se poursuivent à un rythme élevé. Le Centre d'études et recherches de La Gaude lance le 3745, un contrôleur de communication haut de gamme, quatre fois plus puissant que son prédécesseur le 3725. La série IBM 3090 et la nouvelle architecture ESA (Enterprise System Architecture) inaugurent une nouvelle génération de grands systèmes. L'AS/400 prend la relève des 36 et 38 dans les PME-PMI. Sa fiabilité et un portefeuille d'un millier d'applications lui assurent un succès immédiat. IBM continue également d' affirmer sa présence dans le calcul numérique intensif. L'annonce, le 15 février 1990, de la gamme RISC System/6000, dotée du système d'exploitation AIX (l'UNIX d'IBM) confirmera cette intention.
Systèmes ouverts et alliances
Pour mieux assurer son avenir, IBM amorce une stratégie d'ouverture et d'alliances. Son engagement dans le projet de normalisation OSI (Open Standard Interconnection) constitue la première étape vers l'adoption sans réserve des standards du marché. Les investissements importants consentis ultérieurement dans les systèmes ouverts et Linux, le logiciel libre, en seront l'aboutissement. IBM n'abandonne pas pour autant son architecture de réseau SNA qui présente toujours de grands avantages. On en célèbre d'ailleurs, à cette époque, le vingtième anniversaire.
Les coopérations industrielles, quant à elles, vont prendre une importance capitale dans la recherche de nouveaux marchés. Les premières filiales d'IBM France, créées avec des partenaires extérieurs, voient le jour en 1987 : Axone dans le domaine de l'infogérance et IB2 Technologies spécialisée dans la réalisation d'immeubles intelligents. Un accord global est signé avec Siemens fin 1988. Il s'étoffera au fil des années avec le développement conjoint des nouvelles mémoires électroniques DRAM (Dynamic Random Access Memory) 64 megabits et, ultérieurement, 256 megabits (Toshiba se joindra à l'alliance). Cet accord aboutira à la constitution d'une co-entreprise (joint venture) en 1999 et au transfert à Altis Semiconductor de la propriété de l'usine de composants de Corbeil-Essonnes.
Un autre accord fera date et modifiera durablement le paysage informatique mondial. Le 13 novembre 1989, IBM et Microsoft s'engagent à proposer, pour les années 90, une offre complète de systèmes d'exploitation pour PC fondés sur l'OS/2. Microsoft finit par faire cavalier seul. On connaît la suite.
Faire face à la crise
IBM dispose des atouts nécessaires à sa croissance mais les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous. L'année 1991 a tout de " l'annus horibilis ". Les profits chutent en France et dans le monde, la demande de grands systèmes (qui représentent la force historique d'IBM) aussi. La guerre des prix fait rage. Pour faire face à la crise, il faut réduire les effectifs, contrôler strictement les dépenses, se résoudre à une pause salariale. Des décisions offensives sont également prises : poursuite des investissements en haute technologie et des alliances stratégiques ; remise à plat des processus ; augmentation de la part des services facturables. Peu après, le sous-traitant électronique Solectron reprend l'activité de fabrication de cartes de Bordeaux-Canéjan. RR Donnelley, le premier imprimeur mondial, rachète le centre de publications qu'IBM France avait créé à Orléans-La Source. Représentée dans 26 pays d'Outre-mer, IBM France décide d'y restructurer ses opérations par la création de co-entreprises avec des sociétés locales. Le premier Plan d'adaptation des ressources humaines de toute l'histoire d'IBM France est annoncé pour 1993.
Un mot d’ordre : transformer IBM
Le 26 mars 1993, Lou Gerstner arrive à la tête d'IBM Corporation. Habitué à nommer des hommes du sérail au poste de Chairman et Chief Executive Officer, IBM crée la surprise en allant chercher le Président du groupe alimentaire Nabisco. Précédé d' une réputation de "stratège et de manager de haute volée", Lou Gerstner sera fidèle à cette image. |
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Claude Andreuzza, Bernard Dufau, Kathy Kopp et Françoise Gri, qui se succéderont au poste de Président de la filiale française, appliqueront tous le nouveau mot d'ordre :
Un véritable changement culturel
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IBM France entreprend sa transformation en intégrant de plus ses processus pour faciliter ses relations avec ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires et ses collaborateurs. Parallèlement, l'activité Services progresse fortement. CGI Informatique, société spécialisée dans les services applicatifs, acquise en 1993, est intégrée début 1999 à IBM France. Elle formera, avec Axone et d'autres filiales, la division IBM Global Services. L'usine de Montpellier conserve sa mission d'assemblage des grands systèmes IBM pour l'Europe. Mais l'exigence de rentabilité la conduit à créer, dans son périmètre, un Parc industriel et technologique où s'installent une dizaine d'entreprises. En mars 1994, on fête le 20.000e AS/400 installé en France ! Avec le nouvel IBM arrivent les nouveaux PC portables, les ThinkPad. Un très grand succès. Le changement culturel se poursuit avec des acquisitions majeures : Lotus Corporation en 1995 ; Tivoli, l'éditeur de logiciels de gestion de systèmes d'information, en mars 1996 ; Rational, le spécialiste du développement informatique et Price Waterhouse Coopers Consulting ,en 2002 ; l'éditeur de bases de données Informix, en 2003. |
Innover pour les 90 prochaines années
En 2004, IBM France compte près de 13 000 collaborateurs et son chiffre d'affaires approche 4 milliards d'euros.
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L'innovation est plus que jamais le moteur de sa croissance. L'e-business à la demande a succédé à l'e-business et Sam Palmisano à Lou Gerstner. IBM s'organise et innove pour fournir aux entreprises la puissance informatique dont elles ont besoin, sous forme de services en ligne. Pour qu'elles soient plus réactives et plus flexibles. Applications, traitement des données, stockage, toutes les solutions sont accessibles " à la demande ". Face à la complexité croissante des systèmes d'information, IBM invente l'informatique autonome qui s'auto-gère. L'Internet mobile prend ses marques.
Avec 6 milliards de dollars investis en recherche et développement chaque année, IBM inscrit l'innovation au cœur de sa stratégie. |
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