Patrimoine
Décembre 2008
Oublions un moment les turbulences et tourbillons de l’actualité où nos grands experts économiques, financiers, politiques pataugent à qui mieux mieux dans l’épaisse semoule de leurs doctes constats et prévisions et livrons-nous à quelques réflexions d’intérêt général.
La quasi suppression des droits de donation et de succession (exonération totale pour le conjoint, 151 950 € d’abattement en 2008 par parent et par enfant) doit nous inciter à réfléchir sur nos placements en valeur mobilière et en particulier en assurance-vie.
L'assurance-vie reste certes incontournable pour les successions supportant des droits importants, mais elle est également intéressante pour la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières pour les raisons suivantes :
- les arbitrages à l’intérieur d’un contrat multi-supports ne donnent pas lieu à l’imposition de bientôt 30,1% sur les plus-values des cessions dépassant 25 000 € dans l’année,
- les rachats partiels donnent lieu à une fiscalité dégressive sur les plus-values en fonction de l’ancienneté des versements (35% les quatre premières années, 15% entre 4 et 8 ans, 7,5% ensuite avec abattement chaque année de 4 600 € pour un célibataire et 9 200 € pour un couple marié), à laquelle il faut ajouter les prélèvements sociaux atteignant bientôt 12,1%
L’avantage de l’assurance-vie apparaît donc dès la 5ème année :15% + 12,1% = 27,1% au lieu de 30,1% et saute aux yeux dès la 9ème année, en n’oubliant pas que l’imposition peut être basée sur l’IRPP payable l’année suivante et non pas forfaitaire payable immédiatement.
- les placements en Fonds ou en SICAV sont moins volatils que les actions ou obligations.
Le contrat de capitalisation est moins connu, mais ne vaut-il pas la peine d’être étudié au sein d’un bilan de patrimoine ?
- Inconvénient par rapport au contrat d’assurance-vie : les droits de succession, mais on a vu au paragraphe précédent, mais on a vu au paragraphe précédent qu’ils étaient considérablement réduits du fait de l’augmentation des abattements.
- avantages par rapport au contrat d’assurance-vie :
- le contrat est « cessible », le souscripteur peut donc le transmettre de son vivant, à une personne de son choix qui pourra le garder en ayant fait abstraction de son ancienneté et en bénéficiant des avantages fiscaux résumés ci-dessus,
Exemples concrets :
- le conjoint ayant reçu un tel contrat par donation ou par succession, ne sera pas obligé, après le décès du souscripteur assuré conjoint, de souscrire un nouveau contrat
- l’enfant ayant reçu un tel contrat par succession ou par donation (possible tous les 6 ans), bénéficiera de l’ancienneté du contrat s’il veut procéder à des rachats,
- les bénéficiaires pourront attendre une période boursière plus propice pour réaliser le contrat qu’au cas du dénouement au moment du décès obligatoire en assurance-vie.
- l’ISF n’est dû que sur la valeur de souscription sans tenir compte des plus-values annuelles successives.
- le contrat peut être détenu par une SCI ou une indivision, chose impossible en assurance-vie.
Bien noter toutefois que le contrat ne doit pas être souscrit anonymement (bon au porteur) car alors le paiement donne lieu à une taxation sur les plus-values de 60% (+ 11% de contributions sociales et 12,1% en 2009) et à un prélèvement de 2% du montant total par année de détention du bon !!!!!
Ce type d'investissement, on le voit, est un peu particulier et doit faire l'objet de conseils avisés !
Jacques de POMMEREAU
Tel : 06 88 82 82 05
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